clarifier les fondamentaux pour renforcer le collectif
- claire07loizeau
- 2 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 janv.
Reprendre l’année sur de bonnes bases : un enjeu stratégique pour les équipes
Le mois de janvier est un moment charnière. Les projets redémarrent, les priorités se multiplient et la pression de « faire vite et bien » refait surface pour de nombreux dirigeants et managers.
C’est pourtant aussi une période particulièrement propice pour prendre du recul et se poser une question essentielle : sur quelles bases notre équipe fonctionne-t-elle réellement aujourd’hui ?
Car la performance collective repose sur des fondations souvent implicites. Tant que tout va bien, elles tiennent. Jusqu’au jour où apparaissent incompréhensions, zones floues, objectifs interprétés différemment, tensions autour des rôles et des responsabilités.
Un début d’année offre une occasion précieuse de revisiter ces fondamentaux et de remettre de la clarté là où le quotidien a installé des automatismes.
Une entreprise reste avant tout un réseau d’humains au service d’autres humains. Et 100 % de ses réussites passent par son collectif.
👉 Cet article propose une grille de lecture simple en 5 points pour diagnostiquer et renforcer les fondations d’une équipe, afin de transformer le début d’année en véritable levier de performance et de confiance.
Les 5 éléments constitutifs d’une équipe solide
Revenir sur ces fondamentaux permet de réaligner le groupe, de fiabiliser les interactions et de renforcer la cohérence opérationnelle. Même un travail imparfait sur ces sujets peut créer, en quelques heures, plus de clarté que des mois d’ajustements informels.
1. Le leader
Le leader représente l’équipe, incarne sa mission et détient la légitimité et l’autorité nécessaires pour décider. Il donne le cap et crée les conditions de la réussite collective. Encore faut-il que les moyens réels lui soient accordés pour piloter, arbitrer et agir.
Questions utiles à se poser :
Sur quelles forces s’appuie le leader ? Que faudrait-il ajuster pour renforcer son influence ? Qu'est-ce qui freine à aujourd'hui son impact ? Sur qui peut-il compter ? De quels moyens a-t-il besoin pour exercer pleinement son rôle ?
Signaux faibles que cela n'est pas au top :
des personnes, au sein ou en dehors de l’équipe, court-circuitent son autorité
les décisions sont validées en apparence mais peu mises en œuvre
le leader ne dispose pas de leviers clairs pour piloter la charge et arbitrer les priorités
👉 Un premier pas simple consiste à clarifier explicitement le périmètre de décision du leader et les soutiens sur lesquels il peut s’appuyer.
2. La mission
La mission donne le sens, la raison d’être et l’orientation. Lorsqu’elle est claire et partagée, elle permet de déterminer les priorités, les compétences nécessaires et la manière de travailler ensemble. Elle aide aussi l’équipe à dépasser ses différences pour mettre ses complémentarités au service d’un objectif commun.
Questions utiles à se poser :
Chaque membre la décrit-il de la même façon ? Est-elle alignée avec la stratégie globale de l'entreprise ? ? En quoi aide-t-elle concrètement l’équipe à faire des choix et à arbitrer ?
Signaux faibles que cela n'est pas au top :
la mission est rarement évoquée, voire jamais
les membres de l’équipe en parlent de façon floue ou divergente
le lien entre mission et stratégie globale n’est pas clair
👉 Un bon indicateur : demander à chacun de formuler la mission en une phrase. Les écarts sont souvent très révélateurs.
3. Les objectifs
Les objectifs sont la traduction opérationnelle de la mission. Un objectif commun, compris et partagé par tous, garantit la cohérence des objectifs individuels. Ils doivent être réalistes, mesurables, actionnables et inscrits dans un temps défini pour mobiliser l’équipe.
Questions utiles à se poser :
Quels liens existent entre les objectifs individuels et l’objectif global ? Quelles zones sont bien couvertes, lesquelles sont oubliées ? En quoi les objectifs sont réellement mesurables et atteignables ?
Signaux faibles que cela n'est pas au top :
les objectifs sont évalués de manière très subjective
il n’existe qu’un bilan annuel, sans ajustement en cours d’année
le lien entre objectifs et mission est faible ou inexistant
👉 Un premier levier consiste à instaurer des points de revue réguliers, même courts, pour ajuster plutôt que constater a posteriori.
4. Les règles communes
Les règles communes structurent la manière de fonctionner ensemble au service de la mission et des objectifs. Elles couvrent les dimensions opérationnelles, relationnelles et décisionnelles : organisation du travail, gestion des erreurs, traitement des tensions, comportements attendus… Elles incluent aussi le niveau de tolérance accepté lorsqu’elles ne sont pas respectées.

Questions utiles à se poser :
Ces règles sont-elles connues et partagées ? Lesquelles sont réellement appliquées ? Quels comportements non admis sont malgré tout tolérés ? Existe-t-il des différences de traitement entre les membres de l’équipe ?
Signaux faibles que cela n'est pas au top :
la majorité des règles restent implicites
il n’y a pas de recadrage lorsqu’une règle importante est enfreinte
certains membres bénéficient de tolérances particulières
👉 Mettre par écrit quelques règles clés et en discuter collectivement suffit souvent à rétablir un cadre sécurisant.
5. Les frontières
Les frontières définissent ce qui distingue l’équipe de celles qui l’entourent : rôles, responsabilités, zones d’intervention. Lorsqu’elles sont floues, les tensions apparaissent et l’énergie se disperse.
S’assurer que chacun connaît les compétences et les périmètres des autres permet d’éviter les chevauchements, les malentendus et les conflits de légitimité.
Exemple concret dans une entreprise de services
Sur un projet impliquant plusieurs équipes et métiers, chacun dispose d’une expertise précieuse. Tous analysent, évaluent, proposent des options. Mais aucune fonction n’a la légitimité clairement définie pour trancher.
Résultat : des analyses successives, des débats interminables, des tensions entre services… et très peu d’avancement concret.
Une clarification des rôles — qui contribue, qui décide, qui exécute — a permis de faire passer le projet d’une dynamique d’étude permanente à une dynamique de mise en œuvre.
Questions utiles à se poser :
Comment les frontières sont-elles formalisées aujourd’hui ? Qu’est-ce qui différencie clairement cette équipe des autres ? Qu’est-ce qui reste implicite ? À quelles occasions des tensions liées au « qui fait quoi » sont-elles apparues ?
Signaux faibles que cela n'est pas au top :
des tensions récurrentes sur les responsabilités
plusieurs personnes travaillent en parallèle sur le même sujet
chacun se protège en se justifiant plutôt qu’en collaborant
👉 Formaliser le RACI * sur un projet transverse permet de dénouer les noeuds et que les équipes collaborent plus efficacement.
*RACI : un Responsable qui tranche, des Acteurs qui réalisent le travail, des Conseillers qui aident en amont et des Informés qui sont notifiés en aval.
Clarifier pour mieux avancer
Cette revue des fondamentaux permet de repérer ce qui est solide, ce qui est fragile et ce qui mérite d’être consolidé. Elle crée un espace collectif pour remettre du sens, de la cohérence et de la fluidité.
C’est une démarche puissante pour renforcer la mobilisation et l’identité de l’équipe. Elle peut transformer un début d’année en levier de performance et de confiance, et créer un point d’appui durable pour les mois à venir.





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